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L'avenir de la filière : que mangera-t-on en 2025 ?

Posté le 28 févr. 2019 Dans :

L’avenir de la filière : que mangera-t-on en 2025 ?

Une étude récente, réalisée par Blezat Consulting, révèle des aspects intéressants de ce que sera le secteur de l’agroalimentaire dans les années à venir. En se basant sur ce qui arrive dans des pays dits « précurseurs » (États-Unis, Japon…) mais aussi en effectuant des projections sur le devenir possible du secteur, Blezat a établi un portrait saisissant de ce que sera notre secteur professionnel dans quelques années…

Évolutions démographiques

En 2025, la France métropolitaine comptera environ 68 millions d’habitants, dont plus de 22% de seniors (contre 18% en 2015). Quant aux jeunes de moins de 20 ans, ils ne représenteront plus que 23% de la population (contre presque 25% en 2015). Cette évolution de la population aura des conséquences fortes sur la consommation de produits agroalimentaires. Il est probable, par exemple, que les solutions de livraison de courses à domicile (par livreur ou par drone) vont se multiplier, et devenir un argument de vente très important pour la plupart des grandes enseignes. Les produits « spécial senior », notamment le secteur des aliments sains ou des « aliments-médicaments » pourraient bien, également, se développer de façon importante.

Mais il n’y a pas que des questions de santé : les goûts évoluent aussi avec l’âge. Les personnes de plus de 65 ans ont tendance à consommer bien plus de lait, de fromage et d’½ufs que les plus jeunes, qui en retour consomment davantage de viande et de produits gras. Autant d’éléments qu’il faudra prendre en compte dans l’offre agroalimentaire. On peut ajouter à cela des effets générationnels : par exemple, la génération née vers 1980 (qui aura donc environ 45 ans en 2025) est celle qui consomme le plus de sucreries et de sodas : davantage que ses parents, mais davantage que les générations plus jeunes aussi.

Davantage de personnes vivant seules

En 2025, l’INSEE estime que les personnes vivant en couple ne représenteront plus que 46% des ménages, contre 53% en 2015. La personne seule sera donc désormais la norme, et non plus l’exception. Là encore, le secteur agroalimentaire devra s’adapter, notamment dans le cas des plats préparés : davantage de portions solo, par exemple, et d’emballages adaptés à une personne seule.

Le commerce de proximité : une progression limitée

Les commerces alimentaires de proximité (marchés de producteurs, épiceries…) devraient continuer à se développer, mais en se heurtant aux mêmes contraintes qu’aujourd’hui : celle des coûts, qui obligent de tels commerce à pratiquer des prix assez élevés. Les commerces de ce genre resteront donc réservés à une clientèle disposant d’un peu de moyens, alors que, pour la plupart des autres, les grandes surfaces demeureront le distributeur principal de produits alimentaires. Bref : ce n’est pas demain la veille que les supermarchés mettront la clef sous la porte !

Adaptation des grandes enseignes aux nouvelles technologies

Mais les grandes enseignes ont intérêt à s’adapter ! Avec la digitalisation, les consommateurs ont de moins en moins envie d’attendre et de perdre du temps dans leurs courses (60% des consommateurs perçoivent leur visite en supermarché comme une corvée). Le succès des drive ne cesse de s’affirmer et, d’ici 2025, ils devraient continuer à se développer. Apparus en 2000 en France, les drive représentaient en 2010 plus de 5% des ventes des grandes surfaces. Ce chiffre devrait monter à 10 à 12% d’ici 2025. Ce qui veut dire que les enseignes devront s’adapter : logistique, gestion des stocks et des flux de voiture, des commandes digitales, etc.

Viandes et poissons : le grand changement

Sous l’effet à la fois d’une prise de conscience écologique, d’une prise en compte de la souffrance animale, mais aussi de facteurs purement économiques, le public a, depuis une dizaine d’années déjà, modifié sa consommation de viande et de poisson. Et ce changement devrait s’accentuer. Si la consommation de poulet et de dinde explose, celle de b½uf et de porc stagne. Quant au cheval, au veau, au lapin et au mouton, jadis presque aussi consommés que les autres, ils s’écroulent depuis plusieurs années et rien ne permet de prévoir un redressement à ce niveau.

Parmi tous les produits à base de viande, ce sont les conserves et les produits surgelés dont la consommation a le plus baissé : ce sont eux, en général, qui ont été le plus visés par des scandales alimentaires, alors que la viande fraîche ou les produits traiteur gardent la confiance des consommateurs.

Une baisse de la vente d’alcool

On s’attend, d’ici 2025, à une baisse assez importante (de l’ordre de 4%) des achats d’alcool, ce qui correspond, dans l’ensemble, au vieillissement de la population, les seniors consommant moins que les jeunes. Le marché du vin devrait se maintenir, cependant : c’est celui des alcools forts qui sera le plus touché.

Mais il n’y a pas que les questions de type de produits consommés : d’autres tendances sont également mises en valeur par cette étude. Nous en parlerons dans un prochain article…






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